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vendredi 5 juin 2020

La Pomme - Lucie


Lucie


La pomme rouge et brillante était là, posée sur le coin de ce bureau, comme abandonnée.
Ce soir-là, Lucie était seule dans les bureaux, elle venait de finir un des innombrables comptes rendus de ses rendez-vous de la journée. Elle n'avait pas eu le choix, sa chef de service exigeait de les avoir pour le lendemain. Il se faisait tard et son estomac se rappelait à son bon souvenir. Le malheureux sandwich qu'elle avait avalé le midi l'avait juste empêché de tomber en hypoglycémie.
En apercevant cette pomme sur le bureau de sa collègue Chrystel, partie depuis déjà un long moment, elle se dit qu'elle pouvait la prendre. Elle lui en rapporterait une autre le lendemain. Elle comprendrait.
En entrant dans la pièce, elle crut voir la pomme se mettre à briller. Elle haussa les épaules et elle tendit la main vers l'objet de sa convoitise. Elle sentit un picotement dans ses doigts et un fourmillement dans son ventre quand elle la prit. Elle allait la porter à sa bouche se délectant déjà de cette pomme ferme qui semblait si juteuse quand elle crut entendre un bruit.
Elle la mit dans la poche de la veste de son tailleur et elle sortit du bureau pour voir ce qu'il se passait. En traversant le couloir, elle aperçut l'ombre d'un chat et s'amusa de frayeur avant de se rasseoir à son bureau pour achever le dernier rapport.
Une vibration sortit Lucie de sa concentration. Elle fut étonnée car son téléphone était sur son bureau. Elle plongea la main dans sa poche et sentit le contact avec le fruit. Elle le porta à sa bouche et elle fut surprise de la facilité avec laquelle elle put mordre dedans. Malgré sa fermeté apparente, ses dents purent s'enfoncer sans difficulté dans la chair. Elle sentit les arômes sucrés de la pomme lui envahir la bouche. La chair lui semblait juteuse et fondante, elle se détendit en appréciant le goût raffiné. Elle se laissa aller sur le dossier de son fauteuil en allongeant les jambes.
Elle ferma les yeux pour apprécier cet instant sans se rendre compte que le fruit changeait progressivement de forme dans sa main. Ce qu'elle avait pris pour une pomme était en réalité un assemblage de micro-robots. Comme un liquide, la pomme se répandait sur sa main et remontait lentement sur sa peau passant sous le tissu des vêtements. Ceux qui se trouvaient dans sa bouche, se diffusaient dans sa tête, se fixant sur ses terminaisons nerveuses. Elle était parcourue de frissons de bien-être. En quelques minutes, les robots avaient atteint les endroits de son corps, propices au plaisir.
Quand elle reprit ses esprits après ce moment de laisser-aller, elle réalisa que la pomme avait disparu. Elle regarda par terre sans comprendre car elle ne se souvenait pas l'avoir lâchée. Elle se redressa pour se remettre à son travail quand elle sentit quelque chose d'étrange entre ses cuisses. Quelque chose était en train de presser sur ses lèvres intimes, cherchant à entrer dans son intimité. Prise de panique, elle se leva brutalement et souleva sa jupe pour tenter de retirer ce qui était de la violer. Elle hurlait affolée, mais évidemment plus personne ne pouvait l'entendre à cette heure-ci. Elle arracha plus qu'elle ne retira son string de dentelle. Mais en même temps, des picotements se firent ressentir sur ses mamelons comme si on lui enfonçait de petites aiguilles dans les tétons. Avec des gestes désordonnés, elle se dévêtit pour espérer découvrir ce qui lui arrivait.
Elle vit alors que ses seins semblaient recouverts d'une fine pellicule rouge, elle se frotta avec les doigts pour la retirer, mais cela ne fit que renforcer les picotements et son excitation. Elle sentait son bas-ventre devenir de plus en plus chaud, l'odeur de son excitation commençait à remplir la pièce. Elle se précipita aux toilettes sans se préoccuper de sa nudité.
L'air hagard, elle vit dans le miroir que le même rouge qui recouvrait l'extrémité de ses seins recouvrait son pubis lisse et ses lèvres intimes qui luisaient trempées de désir. Elle ouvrit le robinet du lavabo pour humidifier un papier essuie-main et essayer de nettoyer cette peinture. Plus elle frottait et plus l'excitation montait en elle, la couleur semblait vivante et commençait à vibrer, à masser son clitoris. Elle hurlait, elle devenait hystérique. Puis soudain, un orgasme la submergea.
Elle tomba à genou au sol pour récupérer. Cela semblait s'être calmé, mais elle pouvait toujours voir son sexe et sa poitrine rouge. Elle voulut se lever, mais à chaque mouvement, les micro-massages reprenaient. Elle était condamnée à rester immobile.
L'intelligence qui gouvernait les robots se rendit compte du changement de son hôtesse et entreprit de changer de stratégie. Lentement, ils se changèrent de forme et les particules qui étaient logées dans le vagin de Lucie prirent la forme d'un membre masculin de belle taille. Aussitôt, Lucie porta ses mains entre ses cuisses pour essayer de retirer l'intrus qui la pénétrait. Elle avait beau y mettre les doigts, il lui était impossible de réussir à trouver une prise. L'objet se laissait traverser par les doigts. Malgré elle, l'excitation la submergeait de nouveau. Ses tentatives infructueuses et le mouvement du pseudo-sexe dans grotte accentuaient le plaisir. Elle en pleurait, elle gémissait. Elle finit par se rouler par terre complètement terrorisée par ce qui lui arrivait. Elle ne pouvait plus gérer ses orgasmes qui se succédaient sans interruption. Chacun devenant plus violent que le précédent. Son corps luisait de sueur, sa cyprine coulait entre ses cuisses. Elle haletait.

Au petit matin, la femme de ménage découvrit le corps nu et inerte de Lucie dans les toilettes. Personne ne comprenait ce qui lui était arrivé. Le médecin légiste avait conclu à un viol, mais il n'avait pas pu mettre évidence de traces de sperme, aucun préservatif n'avait été retrouvé sur place et aucune empreinte autre que celle des employés du service n'avait été identifiée. De plus aucune caméra de surveillance n'avait enregistré de passage dans le hall d'entrée. La vidéo-surveillance du couloir la montrait en train de courir nue et affolée pour rejoindre les toilettes, mais, il n'y avait personne d'autre.
Quand Chrystel retrouva son bureau quelques jours plus tard, la pomme rouge était toujours aussi éclatante.

jeudi 4 juin 2020

La Plante -06- Epilogue

Quelques siècles plus tard
Le sanctuaire est en effervescence pour la première fois depuis des années, toutes les premières mères sont réunies autour de la plante mère. Une des mères va donner naissance à un garçon. C'est la première que cela arrive depuis que le premier père a fait don de sa semence de vie à la plante mère. Quand il sera devenu grand, il devra s'accoupler avec la plante mère afin de donner une nouvelle génération de plantes père qui pourront à leur tour donner de nouvelles générations.
Le fils ressemblera-t-il au premier père ?
Cette question est sur les lèvres de toutes les femmes rassemblées dans et autour du sanctuaire.
Laquelle aura l'honneur de recevoir la première graine produite par la plante-mère ?
Toutes ces questions agitent le conseil des Mères.
Mais pour le moment, toutes sont en cercle autour du lit où la jeune femme est sur le point d'accoucher d'un fils.
Toute la ville et toute la planète sont en effervescence.
C'est l'évènement le plus important depuis la disparition du dernier être humain non mixte, il y de cela plus de trois cent ans.

La Plante -05- Naissance

            

Quelques mois plus tard dans une maternité

Marjam est prête à accoucher. Depuis quelques jours, elle sent que l'heure de la délivrance est proche. En raison de la notoriété de Frédéric, cette naissance est attendue par tous les admirateurs de son mari.

Des paparazzis surveillaient ses allées et venues quotidiennes. Ils guettaient le moindre signe qui pourrait annoncer l’imminence de la naissance. Dès qu’ils voyaient Frédéric et Marjam monter dans un taxi pour se rendre quelque part, ils étaient suivis.

Quand le taxi prend la direction de l’hôpital, les rédactions des tabloïds sont en émois. Marjam, celle qui a amené la plante fantastique va accoucher. En quelques semaines, cette plante s'est imposé comme l’être vivant le plus prisé de la planète. Seules quelques zones isolées n'ont pas encore réussi à avoir leurs graines.

Marjam allongée dans la salle d'accouchement repense à l'année qu'elle venait de vivre. Elle était passée de simple guide touristique d'un pays encore dominé par une vieille caste théocratique au statut d'égérie mondiale.

Les contractions se succédent de plus en plus fréquemment. Les cellules de la plante qui parasitent son corps diffusent des antalgiques dans son sang. Elle ne ressent aucune douleur. Elle sent sa petite fille se déplacer et prendre le chemin de la sortie. Elle l'accompagne en l'encourageant.

Au moment où la sage-femme attrape la tête de l'enfant entre les cuisses de sa mère, Marjam poussa un long cri de jouissance. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, une mère ne donne pas la vie dans les cris et la douleur mais dans la sérénité et le plaisir.

Le plaisir ressenti par Marjam se diffuse dans la salle. Son corps répand des phéromones qui excitent les autres personnes dans la pièce.

La sage-femme dépose le bébé sur le sein de sa mère et aussitôt, il se met à téter. Elle se tourne alors vers l'infirmière qui l'assise et la prend ses bras. Les deux femmes s'embrassent, Frédéric regarde sa fille et sa femme qui partage un plaisir commun.

Il se rend compte qu'il est de trop et sort annoncer la naissance aux journalistes qui piaffent d'impatience à la porte de la maternité.

La Plante -04- Dissémination


Les journalistes arrivent et ils sortent de leur rêverie. Frédéric commence par répondre à leurs questions sur son travail, son exposition et ses futurs projets. Il les invite ensuite à découvrir ses clichés comme lors du vernissage la veille.
Alors que ses techniciens vadrouillent de salles en salles pour admirer le travail du photographe, Eline est hypnotisée par la plante. La jeune journaliste s’en approche. Elle voit se développer une tige qui se présente devant son visage. Elle tend la main et elle en caresse l’extrémité. La forme l’amuse. Marjam debout près d’elle lui sourit. Elle l’encourage à caresser ce qui ressemble de plus en plus à un sexe masculin.
– N’aie pas peur, touche-la, caresse la…
– Mais on dirait…
– Oui ! C’est vrai et si tu lèche la tige, tu vas découvrir la saveur de sa sève. N’aie pas peur !
En rougissant un peu, Eline se met à caresser la tige. Elle en découvre la douceur duveteuse et elle l’approche de sa bouche pour goûter le suc qu’elle commence à voir perler. Elle oublie l’endroit où elle se trouve et elle se met à masser la tige qu’elle prend entre ses lèvres. Elle lèche et tête l’extrémité qui a maintenant pris la forme d’un gland masculin. Elle le mordille doucement comme elle le ferait avec son amant. Elle en veut encore plus et enfonce sa bouche pour que celle soit remplie par la tige qui gonfle du fait de l’accumulation de sève. Les mouvements de pression de ses doigts font monter la sève vers l’extrémité de la tige. Les glandes de sèves sont alors pleines de ce suc végétal et sous la pression du liquide, elles explosent toutes ensemble en remplissant la bouche de la jeune femme de ce jus épais et visqueux.
Eline se recule et Marjam vient lui essuyer les lèvres avec ses doigts. Elle non plus, ne peut résister à l’envie de goûter une nouvelle à ce liquide sucré et addictif.
– C’est bon, n’est-ce pas ?
– Oh oui ! Mais j’ai eu l’impression d’avoir un orgasme en même temps.
– Oui ! Cette sève multiplie les sensations que l’on peut ressentir…
Elle ne peut finir sa phrase cas Frédéric s’approche d’elle afin de lui faire une visite guidée de l’exposition.
– Vous avez fait connaissance avec Marjam, je vois.
– Oui c’est une femme charmante… Elle a vécu des choses compliquées je crois ?
– Oui, cela n’a pas toujours été simple pour elle en Iran, mais c’est grâce à elle si j’ai pu prendre ces clichés et découvrir cette plante étrange.
– Oh oui ! La plante…
Eline se retourne pour regarder le végétal qui montait jusqu’au plafond de la pièce et dont les feuilles s’agitaient au rythme des courants d’air en dégageant toujours ce parfum suave et envoutant.
– Je vous en offrirai une graine ainsi qu’au membre de votre équipe. Elle ne demande pas beaucoup d’entretien, mais elle rendra votre intérieur très chaleureux croyez-moi !
Comme il l’avait promis, il offre à chaque personne présente une graine issue de la plante mère.
Au fil des jours, l'exposition est un véritable succès et les visiteurs affluent de partout. Cet attrait pour la plante attire les journalistes du monde entier qui repartent eux aussi avec une graine.
Dans quelques semaines, ces journalistes auront rapporté ces semences dans leur pays d'origine. Dans quelques mois, des millions de personnes posséderont une de ces plantes chez elles.
Les premières plantes commencent à donner des graines. Les gens se les échangent et les vendent pour en avoir d'autres couleurs. Les femmes n'osent pas avouer à leur compagnon que le plaisir qu'elles trouvent avec les tiges est sans commune mesure avec celui qu'il peut leur procurer.
Les hommes sous l'influence des sucs de la plante acceptent cette situation